Pourquoi la conjugaison du verbe « faire » est essentielle en français

📋 En bref
Le verbe faire est irrégulier (3ᵉ groupe, radicaux fais-, fer-, fass-). Savoir le conjuguer sert à situer une action dans le temps, marquer l’antériorité et exprimer une hypothèse — des repères que la moindre faute rend visibles, à l’oral comme dans un écrit professionnel.
  • Deux fautes très fréquentes : nous faissons au lieu de nous faisons, et vous faisez au lieu de vous faites.
  • Au conditionnel (je ferais) et à l’imparfait (je faisais), la prononciation est proche mais le sens diffère : hypothèse contre fait passé.
  • Le participe passé fait reste invariable devant un infinitif, mais s’accorde avec le COD s’il le précède.

Une lettre en trop et « nous faisons » devient « nous faissons » : sur un verbe aussi courant que faire, ce genre d’écart se remarque immédiatement, dans un mail comme dans une copie. Ce guide reprend les temps utiles de faire — pas comme un tableau à réciter, mais comme un outil pour dire précisément quand une chose se passe et dans quelles conditions.

Pourquoi la maîtrise des temps change concrètement une phrase #

Conjuguer correctement ne relève pas que de l’orthographe : chaque temps porte une information que le lecteur reçoit sans même y penser. Le présent situe une action en cours ou une habitude (« je fais »). Le futur et l’imparfait la placent avant ou après le moment où l’on parle. Le conditionnel signale une hypothèse ou une politesse (« je ferais »), quand l’imparfait décrit un fait passé bien réel (« je faisais ») — confondre les deux change le sens de la phrase, pas seulement sa forme.

Le subjonctif, lui, marque le doute, le souhait ou la nécessité (« il faut que je fasse ») là où l’indicatif affirme un fait. À l’écrit professionnel — un compte rendu, une candidature, un mail à un client — une terminaison fautive sur un verbe aussi fréquent détourne l’attention du fond : le lecteur corrige la faute avant de lire le message.

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Le verbe faire : un radical qui change selon le temps #

Faire appartient au 3ᵉ groupe, celui des verbes irréguliers qui ne suivent pas de terminaison unique. Comme le rappellent le Bescherelle et le CNRTL (qui héberge le Trésor de la langue française informatisé), sa conjugaison s’appuie sur trois radicaux à retenir par cœur : fais- pour le présent et l’imparfait, fer- pour le futur et le conditionnel, fass- pour le subjonctif. Aux temps composés, faire se construit toujours avec l’auxiliaire avoir (j’ai fait, tu as fait…).

Situer l’action : présent, futur et imparfait #

Ces trois temps de l’indicatif répondent chacun à une question de temporalité différente.

Présent — l’action en cours

je fais · tu fais · il/elle/on fait
nous faisons · vous faites · ils/elles font

Futur simple — l’action à venir

je ferai · tu feras · il/elle/on fera
nous ferons · vous ferez · ils/elles feront

Imparfait — l’action passée, en cours ou habituelle

je faisais · tu faisais · il/elle/on faisait
nous faisions · vous faisiez · ils/elles faisaient

Deux formes concentrent l’essentiel des fautes : nous faisons (jamais faissons) et vous faites (jamais faisez). Il n’y a pas de règle magique — seule la répétition à l’oral fixe ces deux exceptions.

Marquer l’antériorité et l’hypothèse : conditionnel et subjonctif #

Le conditionnel sert à formuler une hypothèse, un souhait ou une demande polie ; le subjonctif présent, à exprimer un doute, une volonté ou une nécessité — souvent après « il faut que » ou « je doute que ».

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Conditionnel présent — hypothèse, politesse

je ferais · tu ferais · il/elle/on ferait
nous ferions · vous feriez · ils/elles feraient

Conditionnel passé — regret, action non réalisée

j’aurais fait · tu aurais fait · il/elle/on aurait fait
nous aurions fait · vous auriez fait · ils/elles auraient fait

Subjonctif présent — doute, souhait, nécessité

que je fasse · que tu fasses · qu’il/elle/on fasse
que nous fassions · que vous fassiez · qu’ils/elles fassent

Le piège classique oppose « je ferais » (hypothèse : « je ferais ce voyage si j’avais le temps ») et « je faisais » (fait passé réel : « je faisais ce trajet chaque semaine »). Les deux se prononcent presque pareil, mais un seul convient selon que l’on décrit un fait passé ou une condition.

Impératif, participe et infinitif : les formes courtes #

L’impératif de faire n’a que trois formes, sans sujet exprimé : fais (tu), faisons (nous), faites (vous) — utiles pour une consigne ou un conseil bref. L’infinitif reste faire. Le participe présent est faisant ; le participe passé varie en genre et en nombre : fait, faite, faits, faites.

⚠️ Attention
  • « nous faisons » et « vous faites » — jamais « faissons » ni « faisez ». Ce sont les deux fautes les plus fréquentes sur ce verbe.
  • « je ferais » ≠ « je faisais » — le premier pose une condition, le second raconte un fait passé.
  • Accord du participe passé « fait » — avec l’auxiliaire avoir, il s’accorde avec le complément d’objet direct seulement s’il le précède (« la tarte qu’elle a faite »), mais reste invariable devant un infinitif (« elle s’est fait couper les cheveux »).
🎯 À retenir
  • Faire est un verbe du 3ᵉ groupe, construit sur trois radicaux : fais-, fer-, fass-.
  • Le choix du temps porte du sens : présent/futur/imparfait situent l’action, conditionnel et subjonctif expriment l’hypothèse ou la nécessité.
  • Les fautes les plus fréquentes se concentrent sur deux formes : nous faisons et vous faites.
  • Aux temps composés, faire prend toujours l’auxiliaire avoir.
  • Le participe passé fait ne s’accorde que si le COD le précède, jamais devant un infinitif.
Faire est-il un verbe régulier ?
Non. Faire appartient au 3ᵉ groupe, celui des verbes irréguliers : ses radicaux changent selon le temps (fais-, fer-, fass-) et ne suivent pas les terminaisons habituelles des verbes en -er ou -ir.
Comment ne pas confondre « je ferais » et « je faisais » ?
« Je ferais » (conditionnel) exprime une hypothèse ou une condition non réalisée. « Je faisais » (imparfait) décrit un fait passé réel, souvent une habitude. Le test simple : si la phrase contient ou sous-entend « si… », c’est le conditionnel.
Pourquoi dit-on « il faut que je fasse » et non « il faut que je fais » ?
« Il faut que » impose le subjonctif, qui exprime la nécessité, et non l’indicatif, qui affirme un fait. La forme correcte est donc « que je fasse », avec le radical fass-.
Le participe passé « fait » s’accorde-t-il toujours ?
Non. Avec l’auxiliaire avoir, il s’accorde avec le complément d’objet direct uniquement si celui-ci est placé avant le verbe (« les devoirs qu’elle a faits »). Devant un infinitif, il reste invariable (« elle s’est fait couper les cheveux »).

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